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	<title>AfricaNewsAnalysis &#187; News in French</title>
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	<description>AfricaNewsAnalysis, a news, features, picture service news media on Africa, Europe and the world</description>
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		<title>En Afrique, la corruption salit l’eau</title>
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		<pubDate>Thu, 04 Apr 2013 06:47:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Musah</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><div id="attachment_15987" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.africanewsanalysis.com/2013/04/04/en-afrique-la-corruption-salit-leau/in-africa-corruption-dirties-the-water-photo-siegfried-modola-irin/" rel="attachment wp-att-15987"><img src="http://www.africanewsanalysis.com/wp-content/uploads/2013/04/In-Africa-corruption-dirties-the-water-Photo-Siegfried-Modola-IRIN-300x199.jpeg" alt="" title="In Africa corruption dirties the water Photo Siegfried Modola IRIN" width="300" height="199" class="size-medium wp-image-15987" /></a><p class="wp-caption-text">Dans les régions rurales, les habitants parcourent de longues distances pour trouver de l’eau/Photo: Siegfried Modola/IRIN</p></div>La collusion entre les responsables gouvernementaux, les vendeurs d’eau peu scrupuleux et les grands propriétaires agricoles est à l’origine de détournements des systèmes d’eau, de malversations et de l’absence de volonté pour faire adopter des lois destinées à protéger les sources d’eau de l’empiétement et de la pollution. Il ne s’agit là que de quelques exemples de la façon dont la corruption prive des millions d’Africains pauvres de l’accès à une eau propre et salubre, estiment les experts.</p>
<p>« La corruption dans le secteur de l’eau se manifeste par l’absence de services d’approvisionnement durables, un ciblage des ressources et des investissements inéquitables et la participation limitée des communautés affectées dans les processus de développement », a dit à IRIN Bethlehem Mengistu, responsable régionale du plaidoyer pour l’organisation non gouvernementale (ONG) WaterAid.</p>
<p>Dans un rapport publié en 2010, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) estimait qu’environ 780 millions de personnes dans le monde, dont 343 millions d’Africains, n’avaient pas accès à une « source d’eau potable améliorée » (réseau d’eau courante, bornes-fontaines, puits ou sources protégés ou réservoirs d’eau de pluie).</p>
<p>Dans le monde entier, les maladies hydriques font environ 3 millions de victimes chaque année, selon l’OMS.</p>
<p>D’après les chiffres de la Banque mondiale, dans le monde entier, 20 à 40 pour cent des fonds publics destinés au secteur de l’eau disparaissent du fait de la corruption et des pratiques malhonnêtes.</p>
<p><strong>Privés d’eau potable</strong></p>
<p>En Afrique, le changement climatique et la croissance démographique entraînent une accélération de la concurrence pour le contrôle des ressources en eau, provoquant parfois des conflits communautaires. Les experts estiment par ailleurs que la corruption vient aggraver les problèmes liés à l’eau en Afrique.</p>
<p>« Parmi les exemples plus spécifiques de la façon dont la corruption prive les personnes pauvres d’un accès à l’eau potable, on peut citer les situations où des personnes riches ou ayant des liens politiques utilisent leur position pour influencer de manière excessive l’emplacement d’une source d’eau au détriment des pauvres », a dit à IRIN Maria Jacobson, responsable de programme auprès de la Facilité pour la gouvernance de l’eau (Water Governance Facility, WGF) un programme conjoint de l’Institut international de l’eau de Stockholm (Stockholm International Water Institute, SIWI) et du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).</p>
<p>Selon Mme Jacobson, « dans un système corrompu dont le fonctionnement repose sur les pots-de-vin, [les pauvres] n’ont pas les ressources nécessaires pour participer » et sont dès lors « perdants en termes de qualité des services d’approvisionnement en eau ».</p>
<p>« Les personnes pauvres disposent également de très peu de moyens, voire aucun, pour entrer sur les marchés alternatifs lorsque les systèmes publics corrompus ne livrent pas la marchandise », a-t-elle ajouté.</p>
<p>Selon un rapport publié en 2008 par Transparency International (TI), une coalition mondiale de lutte contre la corruption, celle-ci a privé plus d’un milliard de personnes de l’accès à une source d’eau potable sûre et 2,8 milliards d’autres de services d’assainissement.</p>
<p>Une étude publiée en 2012 dans Water Alternatives, une revue évaluée par les pairs, a révélé qu’un projet d’exploitation agricole et d’élevage de grande envergure avait entraîné la contamination de sources d’eau desservant quelque 45 000 personnes en Tanzanie. Le projet avait été mis en oeuvre sur un terrain de 14 hectares loué par le gouvernement à une entreprise privée dans la région d’Iringa. Certains indices laissent croire que les procédures légales habituelles n’auraient pas été respectées.</p>
<p>L’étude, menée par l’ONG italienne ACRA (Cooperazione Rurale in Africa e America Latina), indique que les engrais, les pesticides et les déchets animaux provenant de l’exploitation agricole ont été emportés en aval vers les points d’eau.</p>
<p>« La législation tanzanienne prévoit des mécanismes pour limiter les activités potentiellement polluantes, établir des zones protégées autour des sources d’eau et habiliter les associations d’utilisateurs d’eau à exercer un contrôle sur les activités qui altèrent la qualité de l’eau. Or, dans la pratique, ces mécanismes n’ont pas été efficaces dans la région d’Iringa parce que de nombreuses procédures n’ont pas été respectées », ont indiqué les auteurs.</p>
<p>Selon le rapport de TI, la corruption ferait « augmenter le prix du raccordement d’un foyer au réseau de distribution d’eau de jusqu’à 30 pour cent » dans les pays en développement, ce qui entraîne une hausse de plus de 48 milliards de dollars du « coût total de l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le développement pour l’eau et l’assainissement, qui sont les pierres angulaires de la résolution de la crise mondiale de l’eau. »</p>
<p>Au Kenya, par exemple, les pauvres de Nairobi, la capitale, paient 10 fois plus pour l’eau que leurs compatriotes plus riches, selon TI.</p>
<p><strong>Incompétence des autorités</strong></p>
<p>L’incompétence des autorités locales et nationales a aussi contribué à la situation actuelle.</p>
<p>« Puisque les revenus du secteur de l’eau n’ont pas d’affectation précise, ils ne sont pas réinjectés pour améliorer les services. Il n’est pas rare de voir des pompes et des tuyaux brisés ou qui fuient dans de nombreuses régions urbaines et rurales des pays africains », a dit à IRIN Barrack Luseno, un analyste kényan du secteur de l’eau.</p>
<p>Selon le rapport de TI, les points de captage d’eau construits au Malawi entre 1988 et 2002 ont généralement été placés dans des régions où de telles installations existaient déjà, notamment à cause du « favoritisme politique ».</p>
<p>« Les principaux moteurs [de la corruption] sont les limites imposées à la participation, à la transparence et à la redevabilité. Le plus souvent, les détails concernant les ressources du secteur ne sont pas divulgués, la participation des titulaires de droits aux questions critiques du développement est limitée et l’équilibre des pouvoirs [checks and balances] dans les principaux rôles décisionnels est faible », a ajouté Mme Mengistu, de WaterAid.</p>
<p>Dans un rapport publié en 2012, WaterAid recommande aux gouvernements d’investir plus, mais aussi d’adopter des mesures pour lutter contre la corruption débridée dans le secteur de l’eau.</p>
<p>« Les gouvernements et les bailleurs de fonds doivent s’assurer que des mécanismes rigoureux visant à établir l’équilibre [checks and balances] sont en place afin d’endiguer la corruption et de limiter le gaspillage », indique le rapport.</p>
<p>Le document cite également comme exemple la réactivité dont ont fait preuve les bailleurs de fonds et le gouvernement ougandais pour mettre fin aux détournements de fonds survenus dans le secteur national de l’eau à la fin 2012.</p>
<p>« Il faut constamment renforcer l’obligation de redevabilité des gouvernements dans la fourniture de services et encourager le respect de leurs devoirs en tant que détenteurs d’obligations [duty bearers]. Les organismes de services communautaires ont un rôle important à jouer en tant qu’organes de surveillance et doivent s’assurer que les titulaires de droits [right holders] obtiennent ce à quoi ils ont droit », ajoute le rapport.</p>
<p>L’implication des communautés dans le processus décisionnel et l’augmentation des investissements dans le secteur sont quelques-uns des moyens permettant d’assurer l’accès à l’eau d’un plus grand nombre de personnes.</p>
<p>« Nous devons garantir l’intégrité en assurant une plus grande transparence dans la manière de gérer les problématiques relatives à l’eau et à la terre. Il faut se rappeler que l’accès à la terre est tout aussi important pour les communautés rurales que l’accès à l’eau. C’est ce qui explique les conflits entre les éleveurs pastoralistes et les communautés d’agriculteurs », a ajouté M. Luseno.</p>
<p><strong>Faut-il privatiser ?</strong></p>
<p>Certaines personnes prônent la privatisation des services d’approvisionnement en eau. Sur le continent africain, le Sénégal et la Côte d’Ivoire sont considérés comme des exemples en la matière. Les critiques craignent cependant une augmentation des prix et estiment qu’il est dangereux de placer des ressources vitales entre les mains de sociétés à but lucratif.</p>
<p>Dans son ouvrage publié en 2010 et intitulé Privatizing Water: Governance failure and the world’s urban water crisis [Privatiser l’eau : l’échec de la gouvernance et la crise urbaine de l’eau dans le monde], Karen Bakers écrit : « Le consensus selon lequel la participation du secteur privé ne permettra pas, comme l’espéraient certaines personnes, de réussir là où les gouvernements ont échoué, c’est-à-dire de fournir de l’eau à tous, commence à émerger. »</p>
<p>Selon WGF, les débats idéologiques sur la privatisation des services d’approvisionnement en eau « ne profitent pas à ceux qui n’ont pas accès à une source d’eau et des services d’assainissement durables. »</p>
<p>La Banque mondiale estime qu’en 2007, quelque 160 millions d’usagers étaient desservis par des entreprises de distribution d’eau privées dans le monde. Environ 50 millions d’entre eux obtiennent leur eau grâce à des partenariats publics-privés pouvant être considérés comme réussis.</p>
<p>La privatisation a cependant eu des résultats différents dans les pays où elle a été mise en oeuvre.</p>
<p>Une étude de la Banque mondiale a révélé que l’accès à l’eau dans la capitale mozambicaine, Maputo, s’était amélioré depuis que la gestion de l’eau avait été confiée à des entreprises privées.</p>
<p>Les réformes du secteur de l’eau ougandais prévoyaient l’augmentation des fonds provenant du gouvernement et l’amélioration de la gestion de la National Water and Sewerage Corporation – une entreprise publique gérée par le privé et responsable de l’approvisionnement en eau des 15 plus grandes villes du pays. En l’espace de cinq ans, l’institution est devenue, de l’entité totalement inefficace, déficitaire et contre-performante qu’elle était, une entreprise publique prospère et financièrement viable, selon WaterAid. La couverture du service est passée de 48 à 74 pour cent entre 1998 et 2010. Pendant la même période, le nombre de ménages raccordés est passé de 53 000 à 246 259.</p>
<p>Il n’a cependant pas été facile d’éradiquer la corruption.</p>
<p>« Les entrepreneurs privés interrogés dans le cadre d’une étude sur la corruption dans le secteur de l’eau ougandais estimaient que le pot-de-vin moyen pour l’attribution d’un marché s’élevait à 10 pour cent [du coût total]. La même étude montrait que 46 pour cent des consommateurs d’eau urbains avaient payé un supplément pour être raccordés au système », a dit Mme Jacobson, de WGF.</p>
<p>Le Kenya a pour sa part abandonné ses plans d’ouvrir le secteur de l’approvisionnement en eau de Nairobi aux entreprises privées, craignant une augmentation importante des prix de l’eau.</p>
<p>En 2008, le Mali a été le théâtre de manifestations anti-privatisation qui ont fait un mort et cinq blessés dans la capitale, Bamako.</p>
<p>Au Ghana, les tarifs de l’eau ont augmenté de 80 pour cent à la suite de la privatisation, et un tiers des habitants n’ont toujours pas accès à une eau propre et salubre.</p>
<p>« L’expérience suggère que les pouvoirs réglementaires en place doivent être efficaces pour que l’engagement du secteur privé fonctionne », a indiqué WGF.</p>
<p>Selon les experts comme Mme Jacobson, de WGF, il faut, pour mettre fin à la corruption dans ce secteur, évaluer l’efficacité des interventions de lutte contre la corruption, mettre en place des réformes juridiques et financières et développer les capacités du secteur public.</p>
<p>ko/rz-gd/amz</p>
<p><strong>IRIN News<br />
www.irinnews.org</strong></p>
<p>Theme (s): Démocratie et gouvernance, Santé et nutrition, Eau et Assainissement,<br />
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]  </p>
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		<title>Le Dr Sambo lance un appel à un appui accru et mieux coordonné des donateurs pour aider les pays à éliminer les maladies tropicales négligées</title>
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		<pubDate>Thu, 21 Mar 2013 18:41:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Musah</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Le Directeur régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique, le Dr Luis Sambo, a lancé un appel à un engagement accru et à un appui mieux coordonné des partenaires et des donateurs pour lutter contre les maladies tropicales négligées (MTN), qui affectent principalement les personnes vivant en zones rurales.</p>
<p>Cet appel a été lancé dans une allocution prononcée à l’ouverture de la réunion consultative régionale sur les maladies tropicales négligées, qui se tient à Brazzaville depuis ce mercredi.</p>
<p>Dans son allocution, le Directeur régional a salué à sa juste valeur l’appui fourni par l’industrie pharmaceutique, les donateurs, les gouvernements nationaux, les experts et la communauté de la recherche, sans oublier les organisations non gouvernementales de développement, en vue d’alléger la charge de morbidité due aux MTN dans la Région africaine de l’OMS.</p>
<p>«Grâce à un tel soutien massif et à l’engagement des parties prenantes, nous sommes sur la bonne voie pour faire des MTN une histoire ancienne dans notre Région», a affirmé le Dr Sambo dans une allocution prononcée en son nom par le Directeur régional adjoint, le Dr Matshidiso Moeti.</p>
<p>Le Directeur régional a également évoqué l’impact sanitaire et économique négatif des maladies sur les populations, mettant en évidence la gravité de la charge due aux MTN, qui ont des conséquences telles que l’infection par des vers intestinaux ou la cécité des rivières.</p>
<p>«Les mères et les enfants infectés par des géohelminthiases (des vers intestinaux) développent l’anémie et d’autres complications au fur et à mesure que la maladie évolue. Certains enfants abandonnent l’école pour s’occuper de leurs parents touchés par des incapacités provoquées par des MTN telles que le trachome, l’onchocercose (encore appelée la cécité des rivières) et la filariose lymphatique (encore appelée l’éléphantiasis). Ces enfants reçoivent ainsi très peu d’instruction voire aucune éducation, ce qui perpétue le cycle de la pauvreté dans les familles», a affirmé le Directeur régional.</p>
<p>Le Dr Sambo a exprimé sa satisfaction par rapport aux progrès constants accomplis sur le plan de la fourniture d’interventions de contrôle des MTN et du renforcement des programmes nationaux de lutte contre les MTN dans la Région. Le Directeur régional a pris un exemple pour illustrer ces progrès : il s’agit de la fourniture, en 2011, de médicaments à 203 millions de personnes à risque d’éléphantiasis, de bilharziose, de cécité des rivières et de vers intestinaux. En outre, le nombre de cas de maladie du sommeil, de lèpre et d’ulcère de Buruli a baissé, et trois autres pays – Burkina Faso, Érythrée et Togo – ont été confirmés exempts de transmission locale de la maladie du ver de Guinée.</p>
<p>«Avec ces exemples, il est à espérer que les pays de la Région pourront éliminer les MTN», a indiqué le Dr Sambo. Et d’ajouter que : «Ces maladies ont été négligées pendant bien trop longtemps… [et] il est encourageant de constater que les pays de notre Région et la communauté internationale s’unissent pour lutter contre les MTN et transformer la vie des millions de personnes qui souffrent ou sont affectées par ces maladies.»</p>
<p>S’agissant de la très importante problématique de la coordination, le Dr Sambo a salué les sérieux efforts entrepris par les pays pour intégrer leurs programmes et interventions de lutte contre les MTN, garantir une action plus efficace et plus efficiente et accélérer les progrès. Le Directeur régional a souligné que tous ces efforts devraient être soutenus par une meilleure coordination des parties prenantes des MTN dans les pays, avant d’exhorter les secrétaires généraux et les hauts responsables gouvernementaux, ainsi que les autres partenaires présents à la réunion consultative, à plancher sur des mécanismes de coordination innovants et efficaces susceptibles d’accroître les synergies, de réduire les coûts de transaction pour tous et de générer un meilleur impact et de meilleurs résultats.</p>
<p>Le Directeur régional a par ailleurs relevé que le rythme des progrès n’était pas assez soutenu et qu’il faut intensifier les efforts pour atteindre les objectifs 2020 des MTN, qui consistent à contrôler et à éliminer 10 MTN d’ici la fin de la décennie en cours.</p>
<p>S’agissant du financement, le Dr Sambo a informé les participants que le Bureau régional de l’OMS pour l’Afrique avait élaboré un état des besoins et des lacunes en ressources financières pour les programmes nationaux de lutte contre les MTN, sur la base des plans directeurs nationaux de lutte contre les MTN, et en tenant compte des objectifs 2020 sur les MTN.</p>
<p>Tout en lançant un appel à plus d’engagement de la part des États Membres, des donateurs et des partenaires, le Directeur régional n’a pas manqué de féliciter le Ghana, qui a alloué US $1 million à son programme de lutte contre les MTN en 2012, et le Nigeria, qui a pris l’engagement de verser US $5 millions au Programme africain de lutte contre l’onchocercose (APOC), basé à Ouagadougou.</p>
<p>Pour terminer son propos, le Dr Sambo a fait part de l’engagement de l’OMS à harmoniser les efforts des pays et des partenaires et à créer un cadre favorable à l’accélération de la mise en œuvre des programmes de lutte contre les MTN dans la Région africaine.</p>
<p>La réunion de trois jours connaît la participation de secrétaires généraux, spécialistes des MTN et directeurs de services médicaux au ministère de la Santé, de représentants de donateurs et de sociétés pharmaceutiques, d’organisations non gouvernementales de développement (ONGD) et d’autres experts.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Analyse: Rhétorique et réalité de la résilience dans le Sahel &#8211; By Anna Jefferys</title>
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		<pubDate>Sat, 09 Mar 2013 20:35:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Musah</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_15802" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://www.africanewsanalysis.com/2013/03/09/analyse-rhetorique-et-realite-de-la-resilience-dans-le-sahel/le-soutien-a-lagriculture-dans-les-zones-ecologiquement-fragiles-est-un-element-cle-du-renforcement-de-la-resilience-photo-darchives-anna-jefferys-irin/" rel="attachment wp-att-15802"><img class="size-thumbnail wp-image-15802" title="Le soutien à l’agriculture dans les zones écologiquement fragiles est un élément clé du renforcement de la résilience (photo d’archives) Anna Jefferys IRIN" src="http://www.africanewsanalysis.com/wp-content/uploads/2013/03/Le-soutien-à-l’agriculture-dans-les-zones-écologiquement-fragiles-est-un-élément-clé-du-renforcement-de-la-résilience-photo-d’archives-Anna-Jefferys-IRIN-150x150.jpeg" alt="" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Le soutien à l’agriculture dans les zones écologiquement fragiles est un élément clé du renforcement de la résilience (photo d’archives)/Photo: Anna Jefferys/IRIN</p></div>
<p>L’expansion annuelle des programmes humanitaires pour régler les problèmes chroniques des Sahéliens les plus vulnérables montre clairement que les stratégies de développement ne fonctionnent pas. Le Sahel est dès lors au coeur des débats sur la nécessité de développer la résistance aux chocs des personnes vulnérables.</p>
<p>Les bailleurs de fonds commencent à modifier leur approche, notamment l’Office d’aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO) et l’Agence américaine pour le développement international (USAID), qui sont les principaux donateurs humanitaires pour le Sahel. Les bailleurs de fonds pour le développement sont cependant à la traîne et, vu la lassitude des donateurs, les Sahéliens les plus vulnérables risquent de ne pas pouvoir bénéficier d’une aide d’urgence cette année, et encore moins de pouvoir renforcer leur résilience.</p>
<p>En date du 1er mars, l’appel de 1,66 milliard de dollars pour répondre aux besoins humanitaires et renforcer la résilience dans le Sahel en 2013 n’avait été financé qu’à hauteur de <a href="http://wca.humanitarianresponse.info/fr/document/sahel-funding-status" target="_blank">5 pour cent</a>.</p>
<p>« Les gens sont clairement distraits. Ils regardent ailleurs ou abordent la situation sous un angle sécuritaire », a dit Elise Ford, responsable de l’action au Sahel de l’organisation Oxfam. « Le défi est de respecter la rhétorique de la résilience. Comment considérer cet appel ? Malgré toutes les discussions que nous avons eues en 2012 au sujet de la résilience, les bailleurs de fonds n’ont pas fait grand-chose pour montrer comment ils comptent financer les efforts dans ce domaine. »</p>
<p>Des réunions portant sur la résilience dans le Sahel sont organisées un peu partout dans le monde – l’une d’elles a eu lieu à Rome la semaine dernière et une autre est en cours à Dakar –, « mais il semble y avoir un décalage : que se passe-t-il sur le terrain en ce moment ? » a ajouté Mme Ford.</p>
<p>Les agriculteurs qui souhaitent récolter cette année doivent obtenir de bonnes semences avant la fin du mois de mai. Ce n’est là qu’une question de survie : on est encore loin de la mise en oeuvre d’un plan d’action plus ambitieux sur le développement de la résilience. Selon une étude réalisée par le Programme alimentaire mondial (PAM) au Niger, il faut trois ans aux familles pour se remettre d’un choc lié à la sécurité alimentaire, et ce, à condition que les récoltes soient bonnes pendant trois années consécutives.</p>
<p>Les organisations ont besoin de plus d’argent, pas moins, pour renforcer la résilience dans le Sahel à partir de 2013, a souligné Jan Eijkenaar, conseiller régional en matière de résilience pour ECHO et coordonnateur d’AGIR (Alliance Globale pour l’Initiative Résilience) au Sahel. Mais au train où vont les choses, « nous n’aurons pas suffisamment de temps pour renforcer adéquatement la résilience cette année », a-t-il dit à IRIN, ajoutant qu’il faudra plusieurs décennies pour développer une véritable résilience à long terme.</p>
<p><strong>Engagement politique</strong></p>
<p>Cela dit, de nombreux bailleurs de fonds et gouvernements nationaux ont compris la nécessité de placer le développement de la résilience au coeur des programmes mis en oeuvre dans le Sahel. L’exemple le plus remarquable est probablement l’initiative intergouvernementale et inter-agences <a href="http://ec.europa.eu/echo/news/2012/sahel_conference_2012_fr.htm" target="_blank">AGIR Sahel</a> pour le renforcement de la résilience dans le Sahel. Il s’agit d’un partenariat impliquant toutes sortes d’acteurs, incluant la Commission européenne (qui est à l’origine de l’initiative), la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), le Comité permanent inter-États de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILLS) et le Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest (CSAO).</p>
<p>« La résilience est aujourd’hui une priorité à cause des lacunes en matière de développement et de gouvernance », a dit M. Eijkenaar. « Nous avons la possibilité de ne pas échouer au cours des vingt prochaines années. La déclaration commune d’AGIR nous donne les outils et la latitude pour y arriver. »</p>
<p>Au cours des dernières années, les bailleurs de fonds du monde entier ont promu le renforcement de la résilience à grande échelle. Selon le groupe de recherche français <a href="http://www.urd.org/" target="_blank">Urgence, Réhabilitation et Développement</a> (URD), l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et la Banque mondiale en font également la promotion depuis qu’elles ont pris conscience que l’impact de leurs investissements en matière de développement était insuffisant.</p>
<p><strong>Un meilleur contrôle des dépenses d’aide</strong></p>
<p>L’importance accordée à la résilience a évolué avec la crise financière américaine et européenne en toile de fond. La crise a entraîné un examen plus approfondi de la façon dont l’argent de l’aide est utilisé. La Facilité globale de réduction des effets des catastrophes et de relèvement (Global Facility for Disaster Reduction and Recovery, GFDRR) a analysé des portefeuilles de développement et découvert que certains d’entre eux avaient augmenté les risques et la pauvreté au lieu de renforcer la résilience. En outre, les participants aux quatrième Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide, qui s’est tenu en 2011, se sont entendus sur une nouvelle approche <a href="http://www.urd.org/Resilience-or-the-capacity-for" target="_blank">fondée sur la résilience</a> pour l’engagement dans les États fragiles.</p>
<p>Dans son état actuel toutefois, l’architecture de l’aide ne permet pas encore d’intégrer parfaitement la résilience. Si certains acteurs ont fait des progrès dans cette direction – on peut notamment penser aux plans d’action humanitaire communs (Common Humanitarian Action Plans, CHAP) des Nations Unies –, une planification beaucoup plus holistique est nécessaire.</p>
<p><strong>Une planification plus intégrée</strong></p>
<p>Il est plus facile de parler de planification holistique que de la mettre en oeuvre. Jusqu’à présent, c’est l’USAID qui est allée le plus loin dans ce domaine en mettant sur pied une cellule de planification conjointe (Joint Planification Cell, JPC) composée d’experts en matière d’agriculture, de changement climatique, d’alimentation, de santé et de sécurité alimentaire. Cette cellule travaille à l’élaboration de plans d’action communs afin de déterminer comment encourager le développement de stratégies d’adaptation pour les personnes les plus vulnérables, a dit Chris Tocco, directeur adjoint de l’USAID en Afrique de l’Ouest.</p>
<p>D’autres bailleurs de fonds, comme ECHO, utilisent des mécanismes de financement plus complexes, ce qui rend beaucoup plus difficile la création de cellules de planification intégrées oeuvrant au renforcement de la résilience. M. Eijkenaar, d’ECHO, reconnaît toutefois qu’il faut « répondre aux besoins sectoriels, institutionnels, culturels et nationaux persistants », comme il l’a déclaré à l’occasion d’une présentation sur l’initiative AGIR organisée en janvier 2013 et lors de laquelle il a encouragé les donateurs et les professionnels à éviter le cloisonnement.</p>
<p>François Grünewald, président du Groupe URD, fait un parallèle entre résilience et cuisine. « On pourrait comparer l’intégration [de plusieurs approches] à la cuisine thaïe (dans laquelle on peut distinguer les saveurs de chaque ingrédient) et la fusion [en une seule approche] à la cuisine chinoise (dans laquelle toutes les saveurs se combinent en une seule) », a-t-il écrit dans l’édition de février 2013 du magazine <em>Humanitarian Aid on the Move</em>.</p>
<p>Il déplore cependant la tendance des organisations d’aide humanitaire et des bailleurs de fonds à décrire toute activité comme « axée sur la résilience ». Le terme de résilience circule dans des cercles toujours plus larges et apparaît parfois dans des endroits inattendus. Par exemple, selon le Groupe URD, la sécurité intérieure américaine déclare, sur son site internet, que son principal objectif est la résilience plutôt que la sécurité.</p>
<p>L’intégration des programmes exige également que les acteurs humanitaires et du développement travaillent main dans la main, ce que l’architecture actuelle de l’aide rend difficile. « Il faudra du temps pour que ces différentes cultures finissent par se comprendre », a dit Sidi Mohammed Khattry, chef de mission pour le Premier ministre mauritanien, lors d’un atelier sur la résilience qui s’est tenu le 26 février à Dakar.</p>
<p><strong>Différentes approches de la résilience</strong></p>
<p>Malgré l’existence d’une définition commune de la résilience citée dans la déclaration de l’initiative AGIR (« la capacité des ménages, des familles et des systèmes vulnérables à faire face à l’incertitude et au risque de choc et à y répondre efficacement, ainsi qu’à récupérer et à s’adapter de manière durable »), les acteurs qui interviennent au Sahel ont des approches très différentes. Par exemple, ECHO considère la résilience sous l’angle de la malnutrition ; l’USAID est plus orientée vers la sécurité alimentaire; et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) s’intéresse davantage au développement et à la gouvernance à l’échelle systémique.</p>
<p>D’autres changements doivent également être mis en oeuvre pour que le renforcement de la résilience puisse fonctionner. Les acteurs du développement doivent notamment revoir leurs priorités et mettre de côté leurs objectifs macro-économiques pour venir en aide aux plus pauvres, qui comptent pour environ 20 pour cent de la population du Sahel. « Jusqu’à présent, les personnes extrêmement pauvres sont demeurées invisibles à leurs yeux », a dit à IRIN M. Eijkenaar. Selon lui, cela s’explique en partie par le fait que les projets de développement se limitent largement aux grandes villes, tandis que les opérations humanitaires ciblent les plus vulnérables, où qu’ils soient.</p>
<p>Interrogé au sujet de la nécessité de placer l’agriculture parmi les priorités, Peter Gubbels, spécialiste de l’Afrique de l’Ouest auprès du groupe de recherche Groundswell International, a dit à IRIN : « Il faut absolument faire la promotion d’une agriculture qui n’est pas seulement axée sur la productivité, mais qui est aussi multifonctionnelle et permet de répondre aux besoins des plus vulnérables qui vivent dans les zones les plus exposées aux risques, les zones écologiquement fragiles – et non pas dans les zones agricoles à fort potentiel. »</p>
<p>Par multifonctionnelle, M. Gubbels entend une agriculture qui met l’accent sur la productivité, l’adaptation au changement climatique, la durabilité et qui est axée sur l’alimentation.</p>
<p>Pour Mme Ford, d’Oxfam, il faut absolument trouver un équilibre entre les programmes privilégiant les approches ascendantes et descendantes. « Il est essentiel d’accorder la priorité aux personnes très vulnérables, mais il faut aussi améliorer la gouvernance afin de permettre la création de l’espace politique nécessaire pour venir en aide aux ménages vulnérables », a-t-elle dit.</p>
<p>Les acteurs de l’aide humanitaire et du développement doivent s’appuyer sur les travaux déjà réalisés, notamment par les experts du développement durable, de la réduction des risques de catastrophes et de l’adaptation au changement climatique qui planchent depuis des années sur le renforcement de la résilience. Le Cadre d’action de Hyogo pour 2005-2015 pour des nations et des collectivités résilientes face aux catastrophes est un bon début.</p>
<p>Même si cela peut sembler évident, les travailleurs humanitaires insistent sur le fait que les efforts de développement de la résilience doivent s’organiser autour des priorités et des atouts existants des communautés affectées. Selon une recherche réalisée par Oxfam qui n’a pas encore été publiée, les communautés mettent elles-mêmes l’accent sur la résilience et ont développé une multitude de stratégies pour faire face aux chocs. Elles espèrent que l’aide qu’elles recevront permettra de renforcer ces stratégies.</p>
<p>Les gouvernements nationaux ne doivent pas non plus être écartés. Les analystes estiment en effet que davantage de programmes et de fonds consacrés au développement de la résilience devraient être confiés à ceux qui ont la capacité de s’en charger.</p>
<p>Finalement, il est important de mesurer la résilience et de fixer, parallèlement aux efforts déployés, des critères de réussite permettant de déterminer ce qui viendra après les Objectifs du Millénaire pour le développement pour 2015. Une équipe d’AGIR travaille actuellement à l’élaboration de critères – qui pourraient inclure, entre autres, le taux de malnutrition, le taux de mortalité des enfants de moins de deux ans, l’insécurité alimentaire, le fardeau de l’aide humanitaire, la proportion de la population la moins résiliente, le pouvoir d’achat, le coût de l’alimentation et les scores de diversité alimentaire, a dit M. Eijkenaar. Selon les analystes, le Cadre d’action de Hyogo est un bon outil pour des références à plus grande échelle.</p>
<p><strong>L’argent</strong></p>
<p>La répartition du financement pour le développement de la résilience dans le Sahel n’est pas claire pour l’instant. En 2012, la direction générale de la Commission européenne pour le développement et la coopération (DEVCO) a mobilisé 164,5 millions d’euros pour la crise au Sahel. Une partie de cet argent sera utilisée pour améliorer la résilience cette année et l’an prochain, a dit M. Eijkenaar. ECHO a déjà fait une place à la résilience dans son approche de l’aide, dit-il. L’organisation a notamment adapté et intégré ses interventions aux programmes nationaux et tente de pratiquer un ciblage rigoureux en fonction de la vulnérabilité des populations.</p>
<p>L’USAID annoncera bientôt les fonds qu’elle compte consacrer aux programmes de développement de la résilience ; le Département britannique pour le développement international (DFID) n’a pas été en mesure de fournir aux journalistes d’IRIN des chiffres précis à l’échelle mondiale ; et l’initiative AGIR Sahel n’a pas encore fourni de montants détaillés même si elle a promis de mettre en place un nouveau mécanisme de financement.</p>
<p>La Banque mondiale a refusé d’accorder une interview aux journalistes d’IRIN.</p>
<p>Selon Mme Ford, il faudra au moins autant d’argent que l’an dernier pour renforcer la résilience et faire face aux conséquences de la crise dans le Sahel. « C’est encore une année de crise [...] les plus pauvres n’ont pas récupéré d’un coup grâce aux bonnes récoltes de cette année. [...] L’extrême pauvreté n’est pas un piège auquel vous pouvez échapper en l’espace d’une année », a dit Cyprien Fabre, chef du bureau régional d’ECHO en Afrique de l’Ouest.</p>
<p>La répartition des fonds est cependant plus importante que la somme allouée. En effet, la résilience pourrait coûter moins cher à long terme si les sommes d’argent qui y sont consacrées sont bien utilisées. Selon les résultats des recherches réalisées par le DFID en Éthiopie et au Kenya, il en coûterait 64 pour cent de moins pour prévenir les crises que pour y répondre. « Atténuer l’impact des catastrophes naturelles permettrait d’économiser de l’argent, de sauver des vies et de protéger les moyens de subsistance, en particulier pour les pauvres », a dit le porte-parole du DFID John Levitt.</p>
<p><strong>IRIN News</strong></p>
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<div id="Disclaimer">[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]</div>
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		<title>Les organisations humanitaires envisagent d’étendre l’aide au nord du Mali</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Feb 2013 13:29:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Musah</dc:creator>
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<p>Les organisations humanitaires envisagent de reprendre et de renforcer leurs interventions dans le nord du Mali, alors que les troupes françaises et maliennes viennent de libérer les villes clés conquises par les militants islamistes qui contrôlaient la région depuis neuf mois.</p>
<p>Durant cette période, les opérations humanitaires ont été suspendues ou limitées, et la liberté de circulation de la population locale a été entravée en raison de l’insécurité qui régnait dans le Nord.</p>
<p>« Le problème de l’accès est à double tranchant. Bon nombre de personnes soignées pour malnutrition n’ont pas pu se rendre dans les centres de soins et les personnels de santé étaient dans l’incapacité de se déplacer. Les routes principales étaient bloquées », a dit Lucile Grosjean, responsable de la communication d’urgence d’Action contre la faim (ACF).</p>
<p>« La situation est toujours fluide. Nous allons voir comment elle va évoluer. Il y a un mois, Gao [ville du Nord-Est] était contrôlée par le MUJAO [Mouvement pour l’unité et le jihad en Afrique de l’Ouest] », a dit à IRIN Mme Grosjean. Le MUJAO est l’un des trois groupes de militants islamistes liés à Al-Qaida qui se sont emparés du territoire du nord du Mali.</p>
<p>ACF, qui mène des programmes de nutrition et de santé dans le nord du pays, a poursuivi ses interventions sous le règne des islamistes, mais uniquement dans les villes principales ; l’organisation a été obligée de suspendre les opérations des équipes médicales mobiles sur le terrain, a dit Mme Grosjean, ajoutant que la priorité était désormais de « renforcer notre programme dans les environs de Gao ».</p>
<p>Des combattants islamistes ont pillé les entrepôts du Programme alimentaire mondial (PAM), ce qui a entraîné la fermeture des bureaux et le retrait du personnel. Le PAM, qui intervient par l’intermédiaire de ses organisations non gouvernementales (ONG) partenaires dans le nord du pays, reprend lentement ses opérations dans la région, a dit Zlatan Milisic, directeur du PAM au Mali.</p>
<p>« En 2013, nos opérations doivent évoluer pour passer de la réponse d’urgence à la sécheresse et au conflit de 2012 à une réponse aux conséquences du conflit dans le Nord », a dit M. Milisic à IRIN.</p>
<p>« Dès que les barges qui sillonnent les eaux du Niger ont commencé à remonter le fleuve en direction du nord de Mopti, nous avons commencé à planifier la reprise de nos opérations », a-t-il dit, expliquant que le PAM avait acheminé quelque 600 tonnes de denrées alimentaires destinées à 35 000 habitants de la région de Tombouctou dès la fin du mois de janvier.</p>
<p>Le PAM prévoit de tripler la quantité de denrées alimentaires destinées aux habitants du Nord et d’ouvrir une route de transport entre Niamey, la capitale du Niger voisin, et Gao, a dit M. Milisic.</p>
<p>Les conditions de vie des habitants du nord du Mali (déjà touchés par les graves pénuries de nourriture et la sécheresse en 2011-2012) se sont détériorées pendant l’occupation. L’offensive militaire récente, marquée par la fuite d’un grand nombre de vendeurs de nourriture – en général, des arabes et des touaregs – craignant des attaques de représailles, s’est traduite par une augmentation des prix des denrées alimentaires et des carburants, selon <a href="http://www.oxfam.org/en/pressroom/pressrelease/2013-02-04/northern-mali-food-and-fuel-short-supply-stocks-looted-and-traders" target="_blank">Oxfam</a>.</p>
<p>Les denrées alimentaires deviennent rares sur les marchés, qui ont subi des pillages, et leur prix a enregistré une hausse de près de 20 pour cent à Gao depuis le début de l’intervention des troupes franco-maliennes le 11 janvier, a ajouté Oxfam. L’argent commence également à manquer dans la région de Gao, où les banques sont fermées depuis plusieurs mois, et les disponibilités monétaires provenant de la capitale Bamako s’amenuisent en raison d’une restriction de la circulation, a indiqué <a href="http://www.actioncontrelafaim.org/fr/content/urgence-mali-forte-inquietude-sur-une-penurie-alimentaire" target="_blank">ACF</a>.</p>
<p>« Il y a un grave problème de <a href="http://www.irinnews.org/fr/Report/97328/L-ins%C3%A9curit%C3%A9-alimentaire-la-prochaine-crise-dans-le-nord-du-Mali" target="_blank">sécurité alimentaire</a> qui contribue à l’insécurité depuis neuf mois. Peu de champs ont été cultivés et la récole a été maigre », a expliqué Mme Grosjean.</p>
<p><strong>Accès limité</strong></p>
<p>Médecins Sans Frontières (MSF), qui a maintenu ses opérations dans le Nord pendant l’occupation des groupes islamistes, a indiqué que certaines zones restaient inaccessibles aux organisations humanitaires.</p>
<p>« Certains endroits sont toujours inaccessibles, car la situation demeure incertaine. Nous attendons, comme tout le monde », a dit Julie Damond, une porte-parole de MSF dans la région.</p>
<p>En revanche, <a href="http://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/French%20Sit%20Rep%20n24.pdf" target="_blank">l’accès humanitaire</a> s’améliore dans le centre du Mali.</p>
<p>« Dans le Nord, l’accès reste limité. Seules quelques ONG sont présentes dans le Nord. L’accès … est limité, car la région est toujours considérée comme une zone militaire », a dit Sean Gallagher, représentant résident des Services de secours catholiques, qui dirige des opérations dans le centre et dans le sud du Mali.</p>
<p>« Les gens [organisations humanitaires] sont impatients de se rendre dans le Nord pour évaluer la situation et venir en aide aux personnes qui souffrent. Ils sont impatients, mais il faut prendre en compte les questions de sécurité », a dit M. Gallagher. « Il y a également beaucoup d’espoir depuis que les forces ont repris le contrôle des zones tombées aux mains des militants et assurent la sécurité. Ils espèrent une amélioration de l’accès. Nous envisageons de nous rendre à Gao, mais notre décision dépendra de l’accès ».</p>
<p>Les récents combats ont entraîné le <a href="http://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/OCHA%20Mali%20SITREP%2023%2020130129%20FRancais.pdf" target="_blank">déplacement</a> de près de 10 000 personnes, qui ont trouvé refuge à Bamako et dans les villes de Ségou et Mopti, au centre du pays. Quelque 15 000 autres personnes se sont réfugiées dans les pays voisins.<br />
<strong>IRIN News</strong></p>
<p><strong>www.irinnews.org</strong></p>
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<div id="Disclaimer">[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]</div>
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		<title>Inquiétudes, rumeurs et soulagement alors que les frappes aériennes se poursuivent au Mali</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Jan 2013 20:47:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Musah</dc:creator>
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<p>L’inquiétude domine et les rumeurs se multiplient au Mali, alors que les frappes aériennes de l’armée française contre les militants islamistes se poursuivent dans le centre et le nord du pays.</p>
<p>Il y a peu d’informations sur le nombre de Maliens qui ont fui les violences ou qui craignent d’être pris dans les combats, mais selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), au moins 30 000 personnes ont quitté leur domicile au cours de ces derniers jours.</p>
<p>Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) indique que, selon des estimations préliminaires, 1 230 Maliens, dont 90 pour cent sont des femmes, auraient trouvé refuge au Niger, au Burkina Faso et en Mauritanie.</p>
<p>Les Maliens partis de Léré et des villages avoisinants se sont réfugiés à l’est de la Mauritanie ; dans le camp de Mangaize (au nord d’Ouallam), les villes de Banibangou et de Tillabéry, ainsi que dans la région de Tillia au Niger, dans les camps de Damba et de Mentao, ainsi qu’à Bobo Dioulasso, la deuxième plus grande ville du Burkina-Faso.</p>
<p>Un grand nombre de résidents ont fui les villes de Konna, d’Amba, de Boré et de Douentza dans la région de Mopti, où, selon des témoins, des combats intenses ont eu lieu les 12 et 13 janvier. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a enregistré 445 arrivées à Mopti et à Sévaré ; la plupart de ces réfugiés vivent dans des familles d’accueil.</p>
<p>« Les gens continuent de fuir vers le Sud, car ils craignent les représailles violentes des islamistes, qui se sont mêlés à la population locale, et les frappes de l’armée française », a indiqué Mamouou Bocoum, un journaliste qui réside à Sévaré. « Je les comprends, la situation est très difficile ici ».</p>
<p><a href="http://reliefweb.int/country/mli" target="_blank">Selon</a> un partenaire du HCR, la Commission des mouvements de population au Mali, une organisation non gouvernementale locale (ONG), des informations non confirmées évaluent à 5 000 le nombre de personnes qui auraient traversé le fleuve Niger – soit la moitié de la population de Konna.</p>
<p>Aux 400 000 Maliens déjà déplacés dans la région viennent s’ajouter des mouvements récents.</p>
<p><strong>Les islamistes se mêlent à la population civile</strong></p>
<p>Des islamistes se trouvent toujours à Konna et à Diabaly – qui ont été le théâtre de combats violents – et beaucoup d’entre eux se sont mêlés à la population civile, selon les forces françaises et des témoins.</p>
<p>Les civils et les acteurs humanitaires craignent que les habitants soient involontairement touchés par les combats.</p>
<p>L’arrivée imminente de troupes françaises au sol est annoncée, ce qui devrait porter le nombre de soldats français présents sur place à 2 500. Les responsables militaires français ont dit qu’ils feraient tout leur possible pour éviter les victimes civiles.</p>
<p><strong>Limitation de l’accès</strong></p>
<p>Les acteurs humanitaires craignent que la dispersion des groupes islamistes au sein de la population n’entraîne l’apparition de nouveaux foyers de tensions, et que l’accès humanitaire continue d’être limité, ont dit à IRIN les membres de plusieurs ONG.</p>
<p>Sean Gallagher, représentant de l’ONG Services de secours catholiques (CRS) au Mali, a indiqué que les membres du personnel avaient fait part de leurs inquiétudes concernant l’accès aux déplacés de la région de Mopti, alors que les forces françaises et maliennes imposent de plus en plus de restrictions.</p>
<p>Plusieurs agences d’aide humanitaire ont suspendu leurs actions dans la région de Mopti pendant et après les combats qui ont touché Konna et Douentza, s’attirant ainsi la colère d’une partie des habitants. Le journaliste Mamouou Bocoum a dit à IRIN : « Les organisations humanitaires ont quitté la ville pour des raisons de sécurité – ce n’est pas normal. C’est maintenant que nous avons besoin d’elles, ici, pour venir en aide aux déplacés ».</p>
<p>L’ONG CRS a quitté Sévaré temporairement, mais elle prévoit de continuer à travailler dans la région et de distribuer de la nourriture, et éventuellement des transferts en espèces, aux déplacés, dès qu’elle aura fini d’évaluer la situation, a dit à IRIN M. Gallagher.</p>
<p>Le CICR et la Croix-Rouge malienne s’efforcent d’accélérer la fourniture d’aide alimentaire, de soins médicaux et d’eau aux populations présentes dans le Nord et dans la région de Mopti, a indiqué Germain Mwehu, un porte-parole du CICR.</p>
<p>« Notre préoccupation majeure concerne cette intervention, qui se déroule dans un environnement [celui du Nord] qui a déjà connu une crise de sécurité alimentaire et des conditions humanitaires très difficiles », a dit à IRIN M. Mwehu.</p>
<p>Le 14 janvier, seulement 2 millions de dollars sur les 370 millions nécessaires pour couvrir les opérations humanitaires au Mali en 2013 avaient été réunis, selon OCHA.</p>
<p><strong>Les populations du Nord fuient dans le bush</strong></p>
<p>Le 13 janvier, les frappes aériennes françaises sur Gao et Kidal, des villes situées dans une région contrôlée par les groupes islamistes depuis avril 2012, ont pris pour cible les camps d’entraînement des rebelles, selon des témoins.</p>
<p>Des centaines de résidents de Kidal et Tessalit, les principales villes de la région de Kidal, ont fui dans le bush, où ils ont établi de petits campements.</p>
<p>Olivier Vandecasteele, responsable du plaidoyer de Médecins du monde (MDM) au Mali, a dit à IRIN : « Les rumeurs vont bon train. Les habitants [de la région de Kidal] restent chez eux ou fuient les villes, ce qui risque d’entraver leur accès aux soins de santé ». MDM, qui soutient l’hôpital et les 20 cliniques de santé de la région de Kidal, s’inquiète pour les centaines d’enfants sévèrement malnutris dont le traitement a été interrompu.</p>
<p>Depuis septembre 2012, MDM a soigné 2 050 enfants malnutris dans les villes de Kidal et de Gao et elle a admis 400 nourrissons à Kidal au cours du mois de décembre, a indiqué M. Vandescasteele.</p>
<p>« La résilience des populations s’érode – cela fait presqu’un an que leurs problèmes ont commencé. Les familles ont subi une crise alimentaire grave et doivent à nouveau se déplacer. Cela nous inquiète », a dit à IRIN M. Vandescasteele. « Nous devrions constituer des équipes de santé mobiles pour atteindre ces personnes, mais nous devons effectuer davantage de contrôles de sécurité avant de prendre ce risque ».</p>
<p>Les résidents de Gao ont indiqué que les groupes islamistes ont pris la fuite après les frappes aériennes. Avant leur départ, ils ont transporté une trentaine de cadavres à la morgue de l’hôpital, a dit Alousseyni Maïga, enseignant à Gao.</p>
<p>Des résidents ont exprimé leur soulagement après le départ des islamistes. L’un d’entre eux, Amahani Touré, a dit à IRIN : « Merci mon Dieu. Pendant deux jours, nous avons porté ce que nous voulions et nous nous sommes sentis libres à nouveau &#8230; les fanatiques religieux ont été chassés. Espérons qu’ils ne reviennent pas ».</p>
<p>Depuis, les lignes téléphoniques de Gao ont été coupées.</p>
<p>Tombouctou, au nord du pays, n’a pas été visée par les frappes aériennes. L’ONG Médecins sans Frontières, qui intervient à l’hôpital de la ville, a indiqué que des personnes blessées dans des combats survenus à sept heures de route avaient été admis dans l’établissement.</p>
<p><strong>Renfort de troupes</strong></p>
<p>Outre le renfort des troupes françaises, les premiers soldats nigérians devraient venir appuyer l’offensive des soldats français dans une semaine. Le Sénégal, le Niger, le Togo, le Bénin et le Burkina Faso ont tous confirmé l’envoi imminent d’un contingent.</p>
<p>La Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la France et les membres du Conseil de sécurité des Nations Unies souhaitent accélérer le déploiement de 3 300 soldats des pays d’Afrique de l’Ouest placés sous mandat des Nations Unies.<br />
<strong>IRIN News</strong></p>
<p><strong>www.irinnews.org</strong></p>
<p>sd/aj/cb/oa-mg/amz</p>
<p><strong> Theme (s): </strong> <a href="http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=GOV"> Démocratie et gouvernance</a>, <a href="http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=PEA"> Paix et sécurité</a>, <a href="http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=REF"> Réfugiés et déplacés</a>, <a href="http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=SEC"> Sécurité</a>,</p>
<div id="Disclaimer">[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]</div>
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		<title>POLITIQUE HUMANITAIRE: Les technologies de la communication transforment l&#8217;humanitaire</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Dec 2012 10:09:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Musah</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_15368" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://www.africanewsanalysis.com/2012/12/25/politique-humanitaire-les-technologies-de-la-communication-transforment-lhumanitaire/140-caracteres-pourraient-sauver-des-vies-photo-darchives-keiyac-flickr/" rel="attachment wp-att-15368"><img class="size-thumbnail wp-image-15368" title="140 caractères pourraient sauver des vies (photo d’archives) Keiyac Flickr" src="http://www.africanewsanalysis.com/wp-content/uploads/2012/12/140-caractères-pourraient-sauver-des-vies-photo-d’archives-Keiyac-Flickr-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">140 caractères pourraient sauver des vies (photo d’archives)/Photo: Keiyac/Flickr</p></div>
<p>Depuis l’ouverture du premier réseau de téléphonie mobile en Afrique en 1994, le taux de pénétration de cette technologie a atteint 65 pour cent. L’accès à Internet se développe également à toute vitesse. Aujourd’hui, les technologies de l’information et de la communication (TIC) facilitent grandement les interventions humanitaires et l’aide au développement.</p>
<p>« Les technologies de la communication transforment le monde dans lequel nous vivons », a dit Gabriella Waiijman, du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) en Afrique de l’Est, lors d’un récent évènement sur les technologies, les médias et l’aide humanitaire organisé à Nairobi par l’OCHA et l’organisation non gouvernementale (ONG) Adesco.</p>
<p>« Nous devons développer l’accès aux technologies de l’information et de la communication afin de garantir que les communautés  disposent des informations dont elles ont besoin pour prendre les bonnes décisions pour elles-mêmes et nous devons nous assurer que les moyens de communication adéquats soient disponibles pour qu’elles puissent communiquer avec nous », a-t-elle dit.</p>
<p>L’utilisation des TIC dans le domaine de l’humanitaire et de l’aide au développement serait en train d’atteindre un nouveau stade de maturité : les individus et les organisations partagent des ressources, adoptent des principes de transparence et acquièrent une plus grande efficacité.</p>
<p>IRIN a exploré les nouvelles manières dont les TIC sont utilisées pour favoriser le développement et acheminer l’aide.</p>
<p><strong>SMS</strong> : Stephen Wang’ombe, producteur de pommes de terre près de Nyeri, au Kenya, a vu des négociants convaincre des producteurs d’accepter des prix ridiculement bas pour leurs produits. Mais M. Wang’ombe utilise M-Farm, un service d’information sur les prix en temps réel, sur son téléphone portable, pour savoir à quel prix vendre ses produits. Lorsque des négociants lui ont demandé d’accepter de vendre un sac de 120 kg pour 1 500 shillings (17,50 dollars), il a refusé, car il avait appris grâce à M-Farm que les vendeurs de Nairobi obtenaient entre 2 000 et 2 300 shillings (entre 23 et 27 dollars) pour le même poids. M-Farm permet également aux producteurs de se passer d’intermédiaire en les mettant directement en contact avec les détaillants. Les utilisateurs de M-Farm réalisent par ailleurs des économies, car le système les encourage à identifier leurs besoins communs et acheter en gros. « En Afrique, 80 pour cent de la nourriture est produite par de petits agriculteurs », a dit Jimmy Wambua, expert en sécurité alimentaire à <a href="http://mfarm.co.ke/" target="_blank">M-Farm</a>. « Ils vendent leurs produits à des prix plus élevés et concluent des affaires. »</p>
<p><strong>Approvisionnement par la foule (crowd-sourcing) :</strong> <a href="http://ushahidi.com/" target="_blank">Ushahidi</a> est un outil de cartographie de crise en ligne, qui collecte des données sur Internet et par téléphonie mobile lors des catastrophes. Le Conseil danois pour les réfugiés utilise ce logiciel pour obtenir des retours sur ses interventions humanitaires. En janvier, un bénéficiaire du programme de transfert de fonds mis sur pied par l’organisation à Mogadiscio, en Somalie, s’est servi du site pour déposer une plainte par SMS : « L’un de vos employés du bureau de Mogadiscio m’a confisqué ma carte de retrait lorsque je suis allé chercher mes paiements mensuels. Je veux savoir pourquoi il a pris ma carte et je voudrais que vous m’aidiez à la récupérer. L’employé qui m’a pris ma carte m’a accusé d’utiliser un duplicata, ce qui est faux ». Selon Ivanoe Fugali, coordinateur de programme, ce logiciel a donné au bénéficiaire assez de confiance pour formuler sa plainte. Une enquête a permis d’identifier un problème dans le système, que l’organisation a rendu public sur Twitter et Facebook. « Nous obtenons des informations alors que le processus n’est pas encore fini, ce qui nous permet de réaliser des ajustements », a dit M. Fugali.</p>
<p><strong>Twitter :</strong> Philip Ogola, responsable des TIC à la Croix-Rouge kényane, a multiplié par 26 <a href="https://twitter.com/KenyaRedCross" target="_blank">le suivi de son organisation</a> sur Twitter au cours de l’année dernière. Ses mises à jour en temps réel touchent désormais entre 50 et 80 millions de personnes par mois. « C’est un outil de gestion des urgences », a-t-il dit. Il informe ainsi le public de tout ce qui pourrait mettre des civils en danger : problèmes de circulation, incendies, manifestations, explosions, etc. « Nous pouvons lancer des alertes pour que [les gens] sachent facilement quels sont les besoins sur le terrain ». Lorsque les conducteurs de transports en commun se sont mis en grève à Nairobi fin novembre, la Croix-Rouge kényane a ainsi financé une campagne sur Twitter, sous le hashtag #CarPoolKE, pour faciliter le covoiturage. L’organisation a également travaillé avec Ushahidi pour créer une carte ouverte des habitants de Nairobi qui offraient ou cherchaient un covoiturage.</p>
<p><strong>Imagerie par satellite :</strong> la technologie cartographique a permis au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) de remettre en état et d’étendre un système de distribution d’eau à Walikale, en République démocratique du Congo (RDC), à plusieurs milliers de kilomètres de distance. Le CICR a acheté une image satellite et a demandé à une équipe de bénévoles de <a href="http://hot.openstreetmap.org/" target="_blank">l’Humanitarian OpenStreetMap</a> Team de créer une cartographie urbaine à partir de cette image. Les employés de l’office local de l’eau ont ensuite utilisé cette carte pour identifier les systèmes de distribution d’eau, ce qui a permis de gagner du temps et de l’argent. « Les SIG [systèmes d’information géographique] peuvent beaucoup aider, même pour des petits projets comme celui-là », a dit Jean Vergain, du CICR au Kenya, qui utilise également les cartes et images satellites de Google Earth.</p>
<p><strong>Veille d’Internet :</strong> en septembre, iHub — un espace ouvert pour la communauté TIC de Nairobi — a entamé une veille sur Internet pour dénoncer les propos incitant à la haine avant les élections générales de mars 2013. Les discours haineux auraient contribué aux violences qui ont éclaté dans le pays après les élections de 2007. Les membres d’iHub ne recherchent pas seulement les commentaires incendiaires provenant du Kenya, mais également ceux de la diaspora. « Il n’est même pas nécessaire d’être là pour véhiculer des informations négatives », a dit Kagonya Awori, d’iHub Research. Elle a ajouté que le nombre d’internautes au Kenya avait augmenté de 82,7 pour cent entre 2011 et 2012 et que la moitié d’entre eux avaient un compte Facebook. Si les avantages d’un meilleur accès à Internet sont évidents, cela peut également représenter certains dangers. Quelques organisations, dont iHub, surveillent ces éventuels problèmes de près. Les propos haineux repérés sont signalés à Uchaguzi, une cartographie de crise gérée par Ushahidi, qui en informe à son tour les autorités électorales ou le personnel de sécurité compétent.</p>
<p><strong>Radio :</strong> la radio reste la forme de TIC la plus présente et le moyen de communication privilégié en cas de crise. « Elle peut apporter de l’espoir, des contacts et un certain contrôle de la situation », a dit Jacqueline Dalton, chef réalisatrice de <a href="http://www.bbc.co.uk/mediaaction/" target="_blank">BBC Media Action</a>, l’organisme d’aide au développement de la BBC. En Somalie, BBC Media Action s’est associé avec BBC Somali Service pour mettre au point des émissions radiophoniques d’alphabétisation et pour diffuser des discussions sur les questions de développement et de gouvernance telles que le débat sur la nouvelle Constitution. « Dans un pays avec une culture orale aussi riche et où l’alphabet latin n’a été adopté pour transcrire le somali qu’en 1973, la radio est depuis des générations le moyen de communication le plus important », lit-on dans un rapport de BBC Media Action de 2011. Il en va de même pour de nombreuses zones rurales d’Afrique subsaharienne.<br />
<strong>IRIN News</strong></p>
<p><strong>www.irinnews.org</strong></p>
<p>jh/rz-ld/amz<br />
<strong> Theme (s): </strong> <a href="http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=CHI"> Enfants</a>, <a href="http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=EDU"> Education</a>, <a href="http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=GOV"> Démocratie et gouvernance</a>, <a href="http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=HEA"> Santé et nutrition</a>, <a href="http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=HUM"> Droits de l&#8217;homme</a>, <a href="http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=MIG"> Migration</a>, <a href="http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=NAT"> Catastrophes naturelles</a>, <a href="http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=PEA"> Paix et sécurité</a>, <a href="http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=REF"> Réfugiés et déplacés</a>, <a href="http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=SEC"> Sécurité</a>, <a href="http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=WAT"> Eau et Assainissement</a>,</p>
<p>[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]</p>
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		<title>Un nouveau rapport indique un ralentissement de la lutte antipaludique</title>
		<link>http://www.africanewsanalysis.com/2012/12/19/un-nouveau-rapport-indique-un-ralentissement-de-la-lutte-antipaludique/</link>
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		<pubDate>Wed, 19 Dec 2012 20:16:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Musah</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Ces dix dernières années, les efforts concertés des pays d’endémie, des donateurs et des partenaires mondiaux ont permis de renforcer la lutte antipaludique partout dans le monde. C’est dans les pays à transmission élevée que l’intensification des interventions de prévention et de lutte a eu le plus d’impact: sur 1,1 million de vies sauvées durant cette période, 58% l&#8217;ont été dans les dix pays supportant la plus forte charge.</p>
<p>Néanmoins, après avoir rapidement progressé entre 2004 et 2009, le financement mondial de la prévention et de la lutte antipaludiques s’est stabilisé entre 2010 et 2012, et la distribution de certains produits salvateurs a ralenti. Selon le <em>Rapport 2012 sur le paludisme</em> dans le monde, ces développements indiquent un ralentissement qui risque d&#8217;annuler les progrès remarquables récemment accomplis dans la lutte contre l&#8217;une des maladies infectieuses les plus meurtrières.</p>
<p>Par exemple, le nombre de moustiquaires à imprégnation durable (MID) distribuées aux pays d’endémie d’Afrique subsaharienne est passé d’un pic de 145 millions en 2010 à quelque 66 millions en 2012. Cela signifie que de nombreux ménages ne seront pas en mesure de remplacer les moustiquaires existantes au moment voulu, exposant ainsi une fraction plus large de la population à une maladie potentiellement mortelle.</p>
<p>Le développement des programmes de pulvérisation d’insecticides à effet rémanent à l’intérieur des habitations a également marqué le pas, le niveau de couverture de la population à risque dans la Région africaine de l’OMS stagnant à 11% (77 millions de personnes) entre 2010 et 2011.</p>
<p>«Au cours des huit dernières années, le développement de la lutte antipaludique nous a permis d’éviter plus d’un million de décès. Nous devons conserver cette dynamique et tout faire pour éviter une résurgence de la maladie», a déclaré Ellen Johnson Sirleaf, Présidente du Libéria et Présidente de l’Alliance des dirigeants africains contre le paludisme, à l’occasion d’une présentation officielle du rapport à Monrovia (Libéria).</p>
<h4>Les cibles mondiales de réduction de la charge du paludisme encore lointaines</h4>
<p>Selon le rapport, 50 pays sont en bonne voie pour réduire de 75% d’ici à 2015 leurs taux d’incidence du paludisme et atteindre ainsi les cibles fixées par l’Assemblée mondiale de la Santé et le Partenariat Faire reculer le paludisme. Ces 50 pays ne représentent toutefois que 3% (ou 7 millions) des cas de paludisme estimés en 2000, année de référence à partir de laquelle les progrès sont évalués.</p>
<p>«À moins d’une accélération des progrès dans les pays les plus touchés, les cibles mondiales de réduction de la charge du paludisme ne seront pas atteintes » a déclaré le Dr Robert Newman, Directeur du Programme mondial de lutte antipaludique à Genève. «Ces pays sont dans une situation précaire et la plupart d’entre eux ont besoin d’une aide financière d’urgence pour pouvoir acheter et distribuer des produits susceptibles de sauver des vies.»</p>
<p>La charge du paludisme se concentre dans 14 pays d’endémie qui représentent quelque 80% des décès dus à cette maladie. Le Nigéria et la République démocratique du Congo sont les pays les plus touchés d’Afrique subsaharienne, tandis que l’Inde est la plus affectée en Asie du Sud-Est.</p>
<p>«La stratégie consistant à lutter sur plusieurs fronts contre le paludisme, définie dans le Plan d’action antipaludique, est efficace. Mais pour empêcher une résurgence du paludisme dans certains pays, il nous faut de toute urgence imaginer de nouveaux mécanismes de financement qui nous permettent de recueillir davantage de ressources», a déclaré le Dr Fatoumata Nafo-Traoré, Directeur exécutif du Partenariat Faire reculer le paludisme. «Nous étudions de nombreuses options – taxes sur les transactions financières, taxes sur les billets d’avion avec l’UNITAID, ou encore une &#8220;obligation paludisme&#8221;, entre autres.»</p>
<h4>Un déficit de financement majeur</h4>
<p>Le <em>Rapport 2012 sur le paludisme</em> dans le monde indique que le financement international de la lutte antipaludique semble plafonner à un niveau très inférieur à celui qui serait nécessaire pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement liés à la santé et les autres cibles mondiales de lutte antipaludique approuvées au niveau international.</p>
<p>Selon les estimations, entre 2011 et 2020, 5,1 milliards seraient nécessaires chaque année pour parvenir à un accès universel aux interventions antipaludiques dans les 99 pays où la transmission persiste. Si de nombreux pays ont augmenté leur financement national de la lutte antipaludique, le total des fonds disponibles à l’échelle mondiale est resté stable à 2,3 milliards en 2011 – soit moins de la moitié des sommes nécessaires.</p>
<p>Cela signifie que des millions de personnes vivant dans des régions de forte endémicité n’ont toujours pas accès à des services efficaces de prévention, de diagnostic et de traitement du paludisme. Le manque de fonds freine également les efforts déployés pour empêcher l&#8217;apparition et la propagation d’une résistance du parasite aux antipaludiques et de la résistance du moustique aux insecticides.</p>
<p>Alors même que le plafonnement du financement empêche d’intensifier certaines interventions, le rapport indique que les ventes de tests diagnostiques rapides ont fortement augmenté entre 2010 et 2011, passant de 88 à 155 millions d’unités, et que la qualité des tests s’est beaucoup améliorée ces dernières années. La distribution de combinaisons thérapeutiques à base d&#8217;artémisinine (ACT), le traitement recommandé par l’Organisation mondiale de la Santé contre le paludisme à falciparum, a également connu une progression importante, passant de 181 millions d’unités en 2010 à 278 millions d’unités en 2011. Celle-ci s&#8217;explique pour une large part par l’essor des ventes d’ACT subventionnées dans le secteur privé.</p>
<h4>Des systèmes de surveillance fragiles</h4>
<p>Il est très difficile de suivre les progrès de la lutte antipaludique. Aujourd’hui, les systèmes de surveillance du paludisme ne permettent de détecter qu’un dixième du nombre mondial estimé de cas. Dans pas moins de 41 pays, il est impossible d’apprécier de manière fiable l’évolution du paludisme en raison de l’incomplétude ou de l’hétérogénéité des données notifiées au fil des ans.</p>
<p>Des systèmes plus solides de surveillance du paludisme s’imposent d’urgence afin de pouvoir riposter rapidement et efficacement au paludisme dans les régions d’endémie, prévenir les flambées et résurgences et déployer les interventions là où elles sont le plus nécessaires. En avril 2012, l’OMS a présenté officiellement de nouveaux manuels sur la surveillance du paludisme au titre de son initiative dite en anglais des 3T, Test, Treat, Track (Tester, Traiter, Suivre).</p>
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		<title>Analyse: La pénurie de pain s’aggrave</title>
		<link>http://www.africanewsanalysis.com/2012/12/18/analyse-la-penurie-de-pain-saggrave/</link>
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		<pubDate>Tue, 18 Dec 2012 14:46:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Musah</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_15343" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.africanewsanalysis.com/2012/12/18/analyse-la-penurie-de-pain-saggrave/la-plupart-des-produits-alimentaires-de-base-sont-toujours-disponibles-mais-ils-sont-parfois-trop-chers-heba-aly-irin/" rel="attachment wp-att-15343"><img class="size-full wp-image-15343" title="La plupart des produits alimentaires de base sont toujours disponibles, mais ils sont parfois trop chers Heba Aly IRIN" src="http://www.africanewsanalysis.com/wp-content/uploads/2012/12/La-plupart-des-produits-alimentaires-de-base-sont-toujours-disponibles-mais-ils-sont-parfois-trop-chers-Heba-Aly-IRIN.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">La plupart des produits alimentaires de base sont toujours disponibles, mais ils sont parfois trop chers/Photo: Heba Aly/IRIN</p></div>
<p>L’hôtel dans lequel Bashar Akkad a séjourné lors d’une récente visite à Al-Raqqah, une ville du nord du pays contrôlée par le gouvernement, ne lui a pas servi de petit déjeuner.</p>
<p>Le personnel de cet établissement n’avait pas trouvé de pain en ville.</p>
<p>Pour la première fois depuis 16 ans, a-t-il dit, les habitants d’un village voisin font leur pain dans une boulangerie traditionnelle. Un pain de 1,5 kilo coûte 25 livres syriennes dans les boulangeries subventionnées par l’État et 150 livres dans les boulangeries privées. Le pain, qui est consommé à presque tous les repas, est un aliment de base du régime alimentaire local.</p>
<p>« Il est plus cher, car il est plus rare », a dit M. Akkad. « Ils nous ont dit que chaque personne recevait un pain pour trois jours. Cela devient très inquiétant.</p>
<p>« Si la situation sécuritaire ne s’améliore pas, les gens n’auront plus de pain. C’est le début ».</p>
<p>D’autres personnes partagent son inquiétude.</p>
<p>Le Programme alimentaire mondial (PAM) <a href="http://fr.wfp.org/nouvelles/nouvelles-release/pam-preoccupe-par-securite-alimentaire-en-syrie" target="_blank">a fait part la semaine dernière</a> de ses craintes concernant l’accroissement de l’insécurité alimentaire en Syrie : les violences perturbent les filières d’approvisionnement, des boulangeries sont endommagées et la fuite des populations entraîne une augmentation de la demande dans les zones de refuge.<br />
<strong><br />
L’intensification de l’aide impossible pour l’instant</strong></p>
<p>Le PAM est dans l’incapacité d’intensifier l’aide pour atteindre un nombre croissant de personnes dans le besoin : l’organisation manque de financements, elle a des difficultés à accéder aux zones où elle souhaiterait réaliser des évaluations et les partenaires de mise en œuvre sont peu nombreux.</p>
<p>Le gouvernement a chargé le Croissant-Rouge arabe syrien (CRAS) de coordonner l’aide humanitaire dans le pays : une grande partie de l’aide est donc acheminée par l’intermédiaire de cette organisation. Le CRAS indique qu’il est en mesure d’apporter un appui aux organisations locales avec lesquelles il intervient sur le terrain, mais les agences des Nations Unies soulignent que les capacités du CRAS sont déjà surexploitées.</p>
<p>« Sans nouveau partenaire sur le terrain et sans nouvelle évaluation de la situation humanitaire, nous étions dans l’incapacité d’intensifier l’aide tout de suite », a dit à IRIN Kate Newton, directrice de pays adjointe du PAM en Syrie.</p>
<p>Le PAM, qui essaye de renforcer la capacité du CRAS, a également établi un partenariat avec une organisation caritative locale de la ville de Homs, au centre du pays, et étudie différentes manières d’élargir ses partenariats.</p>
<p>Cependant, même sans intensification de l’aide, le manque de fonds reste un problème. Il y a un délai de trois mois entre le moment où le PAM reçoit des fonds et le moment où il peut distribuer un paquet d’aide alimentaire sur le terrain : l’obtention et l’acheminement de la nourriture prennent du temps.</p>
<p>« L’approvisionnement est très faible », a dit Mme Newton.</p>
<p>Le PAM a déjà été contraint de réduire ses rations alimentaires à 1 000 calories par personne par jour en mai contre 1 300 calories auparavant afin d’atteindre davantage de personnes avec les fonds dont il dispose. Il a besoin de 15 000 tonnes de nourriture par mois – pour un montant de 22 millions de dollars – pour atteindre 1,5 million de personnes, ce qui représente environ 134 millions de dollars pour réaliser son intervention au premier trimestre 2013.</p>
<p>La grande majorité des bénéficiaires (environ 85 pour cent) sont des personnes déplacées par les violences.</p>
<p>« L’approvisionnement est assuré pour janvier, mais pour février, il n’y a plus rien », a dit Mme Newton. « C’est maintenant que nous devons assurer l’approvisionnement ». Janvier et février sont les mois les plus froids de l’année en Syrie.</p>
<p><strong>Réserves de blé </strong></p>
<p>La Syrie dispose à l’heure actuelle de réserves de blé pour une année et demie, selon le <a href="http://moaar.gov.sy/main/archives/5778" target="_blank">ministère de l’Agriculture et de la Réforme agraire</a>, qui prévoit que les stocks atteindront 4 millions de tonnes après les récoltes de cet hiver.</p>
<p>Certains observateurs se demandent toutefois si le gouvernement ne brosse pas un tableau trop optimiste de la situation.</p>
<p>Il y a très peu d’informations indépendantes sur les récoltes de cette année, mais l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) indique qu’il y a plusieurs raisons de croire qu’elles ont été <a href="http://www.fao.org/giews/countrybrief/country.jsp?code=SYR" target="_blank">inférieures à la moyenne</a> : les précipitations ont été faibles ; l’insécurité a entravé l’accès des agriculteurs à leurs terres ; et une partie des cultures n’ont pas été récoltées en raison de la pénurie de carburant et de main d’œuvre. En septembre, la FAO a prévu une production de 3,5 millions de tonnes de céréales pour l’année 2012 contre 4,7 millions de tonnes en 2011.</p>
<p>L’aggravation de la pénurie de carburant met en péril la prochaine saison des plantations, qui prendra fin en décembre/janvier. Lors d’une récente visite dans les régions agricoles du nord-est de la Syrie, un travailleur humanitaire a parlé avec des agriculteurs qui lui ont dit : « Ne nous donnez pas d’huile de chauffage pour nos maisons, donnez-nous seulement du carburant pour irriguer nos champs ».</p>
<p>La Syrie s’appuie traditionnellement sur les importations pour satisfaire près de la moitié de ses besoins alimentaires : selon la FAO, le pays aura besoin de plus de cinq tonnes de céréales pour la consommation alimentaire et la consommation animale entre juillet 2012 et juin 2013 – soit une augmentation de 33 pour cent par rapport à l’année dernière. Selon les <a href="http://www.reuters.com/article/2012/05/25/us-syria-grain-sanctions-idUSBRE84O0T320120525" target="_blank">informations fournies par les médias</a>, les sanctions ont entravé la capacité de la Syrie à acheter des céréales sur le marché, alors que les pays alliés auraient augmenté les échanges avec la Syrie afin de combler ses manques.</p>
<p><strong>Accès à la nourriture</strong></p>
<p>Le gouvernement a reconnu que le pays était confronté à une pénurie de blé.</p>
<p>Selon les médias locaux, Qadri Jamil, Vice-Premier ministre syrien en charge des affaires économiques, <a href="http://www.aliqtisadi.com/index.php?mode=article&amp;id=28078" target="_blank">aurait dit</a> que la « crise du pain » que connaissait le pays était due à la fermeture de plusieurs minoteries – y compris les 23 minoteries situées de la ville assiégée d’Alep, au nord du pays – et au défi du transport de la farine d’une région à l’autre du pays.</p>
<p>En général, le pays produit entre 8 000 et 9 000 tonnes de farine par jour, et la production a été réduite de 40 pour cent, a-t-il dit. Exceptionnellement, la Syrie s’est tournée vers des pays amis, car elle pourrait être amenée à importer jusqu’à 100 000 tonnes de farine par mois, a-t-il ajouté.</p>
<p>La pénurie se fait déjà sentir.</p>
<p>À la fin du mois de novembre, il était difficile de trouver de la farine, même dans les supermarchés de Damas, l’une des régions du pays les moins affectées par le conflit. La population d’Alep, qui est confrontée à une grave pénurie de pain, dépend en grande partie des boulangeries privées. Certains quartiers entiers ne reçoivent pas de marchandises pendant plusieurs jours lorsque des affrontements violents secouent la ville.<br />
Les groupes rebelles et les autorités auraient entamé des <a href="http://asset1.skynewsarabia.ae/web/article/56331/%D8%A7%D8%AA%D9%81%D8%A7%D9%82-%D9%85%D8%B9%D9%84%D9%86-%D8%A7%D9%84%D8%AD%D8%B1-%D9%88%D8%A7%D9%84%D8%B3%D9%88%D8%B1%D9%8A" target="_blank">négociations</a> afin de garantir que les habitants aient accès aux produits de base dont ils ont besoin pour vivre. Le mois dernier, le Conseil révolutionnaire civil de la ville d’Al-Bab et de ses environs, dans le Nord, a annoncé sur sa page Facebook [ https://www.facebook.com/Albab.RCC ] qu’il avait signé un accord avec le gouverneur d’Alep afin d’échanger le blé stocké dans les silos contrôlés par des rebelles contre de la farine, du carburant et de l’huile de chauffage provenant des zones contrôlées par le gouvernement.</p>
<p>Selon le PAM, la plupart des produits alimentaires de base sont toujours disponibles dans les marchés (à quelques exceptions notables, de manière temporaire et dans des régions spécifiques), mais leur prix est parfois trop élevé. Le chômage s’accroît et un nombre croissant de Syriens sombrent dans la pauvreté. Les queues sont de plus en plus longues devant les magasins subventionnés par le gouvernement et même les familles qui ne sont pas directement affectées par les violences se présentent aux bureaux des agences d’aide pour demander de la nourriture.</p>
<p>En comparaison avec le troisième trimestre de l’année 2012, la farine de blé et le sucre ont vu leur prix augmenter de 15 et 8 pour cent respectivement ce trimestre, selon le dernier bulletin de surveillance de la sécurité alimentaire du PAM. À Alep, le prix du pain (qui est parfois introuvable) est 50 pour cent plus élevé que dans les autres gouvernorats : le prix d’un kilo de pain a atteint 250 livres syriennes. À Damas même, le prix des œufs, des fruits et des légumes frais a sensiblement augmenté.</p>
<p>Le ministre de l’Agriculture, en collaboration avec le PAM et la FAO, réalise actuellement une évaluation rapide de l’insécurité alimentaire dans le pays.</p>
<p><strong>Nutrition </strong></p>
<p>Le PAM a essayé de maintenir un régime alimentaire équilibré d’un point de vue culturel et nutritionnel dans son panier alimentaire local – incluant du boulgour, des pâtes et du riz plutôt qu’un seul aliment de base en conformité avec le régime varié des Syriens – mais les personnes déplacées ont des difficultés à trouver des compléments aux produits de base qu’ils reçoivent dans leurs paquets d’aide alimentaire.</p>
<p>Les communautés hôtes, qui donnaient aux déplacés des produits supplémentaires, comme des olives ou du halva sucré, ne peuvent plus le faire, car elles ont des difficultés à se nourrir.</p>
<p>Dans une école surpeuplée de Damas, qui accueille des personnes déplacées suite à des violences dans les banlieues, des mères seules donnent à leurs enfants du salami et du fromage sous emballage.</p>
<p>« Je ne sais pas comment je ferais sans l’aide que je reçois dans ce centre », a dit Ne’mma Harastani, qui était assise dans la salle de classe où elle dort, entourée de ses enfants. « J’ai cinq enfants et je ne peux pas les nourrir ».</p>
<p>L’Organisation mondiale de la santé (OMS) craint que la malnutrition ne s’aggrave.</p>
<p>« La poursuite des troubles a entraîné une aggravation de l’insécurité alimentaire, une dégradation des conditions sanitaires, une situation de surpeuplement, une inaccessibilité ou une limitation des services de soins de santé et une baisse de la vaccination des enfants âgés de moins de cinq ans », selon un <a href="http://www.who.int/hac/crises/syr/Syria_WCOreport_27Nov2012.pdf" target="_blank">rapport</a> publié récemment. « Tous ces facteurs combinés risquent d’avoir des conséquences importantes sur le statut nutritionnel des enfants de moins de cinq ans, des femmes enceintes et des femmes allaitantes ».</p>
<p>Le CRAS indique qu’il a déjà enregistré une baisse significative de la qualité de la consommation alimentaire en Syrie.</p>
<p>Le Comité international de la Croix-Rouge, qui intervient par l’intermédiaire du CRAS, a pu fournir de la nourriture à un million de personnes depuis le début de l’année. Des organisations moins importantes, comme le Service jésuite des réfugiés (Jesuit Refugee Service) et l’organisation non gouvernementale (ONG) locale Syria Trust interviennent également, mais elles ne distribuent de la nourriture qu’à quelques milliers de personnes.</p>
<p>Selon un travailleur humanitaire, « les besoins sont de plus en plus importants », et les fonds sont insuffisants pour répondre aux besoins.</p>
<p>« Nous n’avons pas de rations alimentaires pour tout le monde », a dit Mme Newton. Les agences d’aide humanitaire ont décidé de donner la priorité aux déplacés, mais « même dans ce cas, il n’y a pas suffisamment de rations pour chacun d’entre eux ».<br />
<strong>IRIN News</strong></p>
<p><strong>www.irinnews.org</strong></p>
<p>ha/cb-mg/amz</p>
<p><strong> Theme (s): </strong> <a href="http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=EAR"> Alerte précoce</a>, <a href="http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=FOO"> Sécurité alimentaire</a>, <a href="http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=GOV"> Démocratie et gouvernance</a>, <a href="http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=HEA"> Santé et nutrition</a>, <a href="http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=PEA"> Paix et sécurité</a>,</p>
<p>[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]</p>
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		<title>SOMALIE: Un aperçu des défis humanitaires</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Nov 2012 08:26:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Musah</dc:creator>
				<category><![CDATA[Africa]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_15063" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://www.africanewsanalysis.com/2012/11/10/somalie-un-apercu-des-defis-humanitaires/somalia-mohamed-amin-jibril-irin/" rel="attachment wp-att-15063"><img class="size-thumbnail wp-image-15063" title="Somalia Mohamed Amin Jibril IRIN" src="http://www.africanewsanalysis.com/wp-content/uploads/2012/11/Somalia-Mohamed-Amin-Jibril-IRIN-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a><p class="wp-caption-text">Le marché de Bakara à Mogadiscio. Des milliers de personnes reviennent dans la capitale pour rebâtir leur vie. Elles voient l’avenir d’un meilleur œil depuis l’élection du no veau gouvernement/Photo: Mohamed Amin Jibril/IRIN</p></div>
<p>Après deux décennies de guerre civile, la Somalie peut enfin entretenir l’espoir d’une paix durable. À la suite du retrait des insurgés d’Al-Shabab, en août, des milliers de personnes sont retournées dans la capitale, Mogadiscio, pour rebâtir leur vie. L’<a href="http://www.irinnews.org/fr/Report/96302/SOMALIE-Une-tâche-gigantesque-attend-le-nouveau-président" target="_blank">élection du nouveau président</a>, en septembre, a été considérée par plusieurs comme le début d’une nouvelle ère pour le pays.</p>
<p>IRIN a interrogé des experts locaux et d’autres sources et analyse ci-dessous quelques indicateurs sanitaires et socio-économiques clés de la Somalie qui influenceront les progrès du pays vers la paix et la réconciliation.</p>
<p><strong>Infrastructures de santé :</strong> La Somalie est confrontée à nombreux défis en matière de santé, et notamment à l’absence d’un système national de santé efficace, selon l’ancien ministre de la Santé intérimaire Abdiaziz Sheikh Yusuf. Après le renversement de l’ancien gouvernement, en 1991, des centaines de médecins et d’infirmières ont quitté le pays et les services médicaux ont été assumés par le secteur privé, les Nations Unies et les organisations non gouvernementales (ONG). Dans le nouveau gouvernement, dont la structure et la composition ont été annoncées le 4 novembre, la gestion de la santé relèvera du ministère du Développement social, qui sera dirigé par Maryan Qasim. Ce nouveau ministère s’occupera aussi de l’éducation, de la jeunesse et des sports.</p>
<p><strong>Malnutrition :</strong> Au moins 28 pour cent de la population somalienne, soit environ 2,12 millions de personnes, vivent actuellement dans l’<a href="http://reliefweb.int/report/somalia/food-security-and-nutrition-analysis-post-gu-‘12-technical-series-report-no-vi-48" target="_blank">insécurité alimentaire</a>, ce qui représente une baisse par rapport au niveau record atteint en 2011 avec plus de 4 millions de personnes. Environ 236 000 personnes souffrent de malnutrition aiguë et ont besoin d’un traitement nutritionnel spécialisé, selon un <a href="http://www.fsnau.org/downloads/FSNAU-Technical-Series-Report-Post-Gu-2012-Nutrition-Analysis.pdf" target="_blank">rapport</a> de l’Unité d’analyse sur la sécurité alimentaire et la nutrition (Food Security and Nutrition Analysis Unit, FSNAU) publié le 26 septembre.</p>
<p>Même si le gouvernement n’est pas en mesure de fournir des chiffres exacts sur la prévalence nationale de la dénutrition, il est généralement admis qu’il s’agit d’un problème majeur dans le pays. Lul Mohamud Mohamed, un pédiatre de Mogadiscio, a dit à IRIN que la malnutrition était aggravée par des maladies comme la rougeole.</p>
<p><strong>Mortalité infantile :</strong> Selon le <a href="http://www.unicef.org/french/sowc2012/index.php" target="_blank">rapport sur la situation des enfants dans le monde</a> 2012 du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), la Somalie est le pays où le taux de mortalité des moins de cinq ans est le plus élevé au monde. Les enfants n’ont accès qu’à une faible couverture sanitaire et à des soins de santé de mauvaise qualité. Ils sont aussi confrontés à de faibles taux de vaccination, à des niveaux élevés de malnutrition et à des épidémies fréquentes.</p>
<p><strong>Eau potable:</strong> Selon le rapport de l’UNICEF, 30 pour cent seulement de la population somalienne a accès à des sources d’eau potable améliorées et 23 pour cent, à des installations sanitaires améliorées. Le gouvernement ignore le nombre exact de Somaliens qui n’ont pas accès à l’eau potable, mais M. Yusuf, l’ancien ministre de la Santé intérimaire, a dit à IRIN qu’il n’y avait pas suffisamment de puits dans le pays et qu’il s’agissait là d’un des principaux défis que devra relever le nouveau gouvernement.</p>
<p><strong>Réfugiés et PDIP :</strong> La Somalie est toujours le pays de la Corne de l’Afrique qui génère le plus grand nombre de réfugiés, principalement en raison de l’insécurité ambiante. Selon des données datées du 31 octobre, plus d’un million de personnes ont fui la Somalie pour se réfugier dans les pays voisins ; la moitié d’entre elles ont été accueillies par le Kenya, notamment dans les camps de Dadaab, dans l’est du pays. Le reste des réfugiés se sont dirigés vers des pays comme le Yémen, l’Éthiopie et l’Ouganda, selon le <a href="http://reliefweb.int/map/somalia/somali-refugees-region-31-october-2012" target="_blank">Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés</a> (UNHCR). On estime à 1,36 million le nombre de Somaliens déplacés à l’intérieur de leur propre pays (PDIP), principalement dans les régions du sud et du centre. Selon l’<a href="http://www.unicef.org/somalia/Somalia_2010_annual_report_final.pdf" target="_blank">UNICEF</a>, environ 27 pour cent des Somaliens (soit environ 2 millions de personnes, dont la moitié sont des enfants) sont toujours en situation de crise humanitaire.</p>
<p><strong>Liberté de presse :</strong> Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), la Somalie est l’un des endroits les plus dangereux au monde pour la pratique du journalisme. D’après l’Union nationale des journalistes somaliens (NUSOJ), 18 journalistes ont été tués et 20 autres ont été blessés dans des attaques cette année. Les assassinats ont été attribués aux militants d’Al-Qaida, qui contrôlent encore de nombreuses régions rurales du sud et du centre du pays, même si le groupe insurgé n’en a pas revendiqué la responsabilité.</p>
<p><strong>Femmes et politique :</strong> La constitution somalienne rend obligatoire la participation des femmes au parlement dans une proportion de 30 pour cent, mais elles représentent, pour l’heure, seulement 15 pour cent des députés. Dans le nouveau cabinet, récemment dévoilé, deux des 10 ministres annoncés sont des femmes : Mme Qasim sera la nouvelle ministre du Développement social et Fauzia Yusuf Haji Aden dirigera le ministère des Affaires étrangères, un portefeuille important. Ces nominations doivent encore être ratifiées par le parlement somalien.</p>
<p><strong>Agriculture :</strong> La Somalie a une superficie d’environ 637 657 kilomètres carrés, dont 70 pour cent sont considérés comme des ‘terres agricoles’, c’est-à-dire qui conviennent à l’agriculture et au pâturage, selon les <a href="http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/AG.LND.AGRI.ZS/countries" target="_blank">données de la Banque mondiale</a>. Pourtant, seulement 1,6 pour cent de la superficie totale est arable, d’après Hussein Haji, expert agricole et directeur général du Somali Agricultural Technical Group (SATG). Dix pour cent seulement des terres arables sont actuellement cultivées, et les fermiers des zones de culture du sorgho et du maïs de Bay et de Bakool dépendent de l’agriculture pluviale.</p>
<p>M. Haji estime que l’agriculture contribue à hauteur de 40 pour cent au produit national brut (PNB) de la Somalie. Les tomates, les oignons et le sésame sont quelques-unes des cultures commerciales de la Somalie, et le pays produit également du blé, du riz, du maïs, de l’orge, de l’avoine, du seigle, du millet, du sorgho, du sarrasin et des céréales mélangées récoltées en grains secs seulement. Les quantités produites sont cependant très faibles parce que les agriculteurs n’ont pas accès à des systèmes d’irrigation et à des intrants de qualité, a dit M. Haji. Par exemple, entre 2007 et 2011, le rendement céréalier de la Somalie était de 432 kilogrammes par hectare de terre récoltée, contre 5 358 en Autriche et 1 674 en Éthiopie, selon les <a href="http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/AG.YLD.CREL.KG" target="_blank">données de la Banque mondiale</a>.</p>
<p><strong>Élevage :</strong> Selon les estimations du ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, la Somalie compte environ 60 millions de têtes de bétail. Le <a href="http://www.irinnews.org/fr/Report/87026/SOMALIE-La-levée-de-l-embargo-saoudien-stimule-l-économie-du-Somaliland" target="_blank">pays exporte du bétail</a>, principalement des chèvres, vers la péninsule arabique, et la viande est aussi consommée localement. L’élevage est la principale activité économique dans la plupart des régions du centre du pays, ainsi que dans la région autonome autodéclarée du Puntland, dans le nord-est de la Somalie, et la république autodéclarée du Somaliland.</p>
<p><strong>Pêche et tourisme :</strong> La Somalie dispose d’environ 3 300 kilomètres de côtes. Cet atout, s’il était davantage exploité, pourrait contribuer à améliorer l’économie du pays. Le pays pourrait en effet se nourrir lui-même si les pêcheurs somaliens étaient mieux formés et mieux équipés, a dit à IRIN Mohamed Sheikh Ahmed, économiste et chargé de cours à l’université SIMAD, basée à Mogadiscio. M. Ahmed a également ajouté que le littoral, avec ses plages immaculées, pourrait être utilisé pour développer le secteur du tourisme. « Dans certaines parties du pays, on peut voir des forêts qui semblent presque se jeter dans la mer tandis que des chameaux broutent à proximité. C’est magnifique, et ça pourrait devenir une attraction touristique », a-t-il dit. Le climat d’insécurité demeure toutefois un obstacle important.</p>
<p><strong>Jeunesse :</strong> Les jeunes représentent une grande partie de la population somalienne. En effet, environ 42 pour cent des Somaliens ont entre 14 et 29 ans. La majorité des jeunes sont désoeuvrés : le taux de chômage de cette frange de la population, qui est de 67 pour cent, est l’un des plus élevés au monde, selon l’édition 2012 du <a href="http://www.so.undp.org/shdr/" target="_blank">Rapport sur le développement humain en Somalie</a> du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Il faut donner des opportunités aux jeunes, « car l’exclusion, le ressentiment et les doléances entraînent souvent l’escalade des conflits et l’adoption de comportements risqués », indique le rapport.</p>
<p><strong>IRIN News</strong></p>
<p><strong><a href="http://www.irinnews.org">www.irinnews.org</a></strong></p>
<p>amd/aw/rz-gd/amz</p>
<p><strong>Theme (s): </strong><a href="http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=ECO">Economie</a>, <a href="http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=EDU">Education</a>, <a href="http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=FOO">Sécurité alimentaire</a>, <a href="http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=GOV">Démocratie et gouvernance</a>, <a href="http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=HEA">Santé et nutrition</a>, <a href="http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=HUM">Droits de l&#8217;homme</a>, <a href="http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=PEA">Paix et sécurité</a>, <a href="http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=WAT">Eau et Assainissement</a>,</p>
<p>[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]</p>
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		<title>CÔTE D&#8217;IVOIRE: Réouverture des universités après des années « stériles »</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Sep 2012 10:51:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Musah</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><div id="attachment_14768" class="wp-caption alignleft" style="width: 160px"><a href="http://www.africanewsanalysis.com/2012/09/04/cote-divoire-reouverture-des-universites-apres-des-annees-%c2%ab-steriles-%c2%bb/alexis-adele-irin/" rel="attachment wp-att-14768"><img src="http://www.africanewsanalysis.com/wp-content/uploads/2012/09/Alexis-Adele-IRIN-150x150.jpg" alt="" title="Alexis Adele IRIN" width="150" height="150" class="size-thumbnail wp-image-14768" /></a><p class="wp-caption-text">La résidence étudiante de l’Université de Cocody à Abidjan, la principale ville de Côte d’Ivoire. Le chaos est à craindre avec le retour de 61 000 étudiants, deux ans après la fermeture de l’université suite aux violences politiques/Photo: Alexis Adele/IRIN</p></div>Quand les cinq universités publiques de Côte d’Ivoire réouvriront le 3 septembre, 61 000 étudiants seront attendus, presque deux ans après la fermeture des universités suite aux violents troubles ayant secoué le pays lors des élections présidentielles de 2010. L’arrivée en masse de ces étudiants pourrait provoquer le chaos.</p>
<p>Durant l’année universitaire 2009-2010, avant la fermeture, il y avait environ 56 000 étudiants. « Si cet afflux n’est pas complètement maîtrisé, il suscitera des craintes de graves problèmes sociaux chez les étudiants et leurs parents », a déclaré Kanvaly Fadiga, professeur à l’École nationale supérieure [un établissement d’enseignement supérieur spécialisé] dans la capitale commerciale de Côte d’Ivoire, Abidjan.</p>
<p>M. Fadiga soutient que le système éducatif entier n’est pas au niveau et que les années stériles auraient dû être employées pour évaluer la qualité de l’enseignement universitaire. Les défaillances auraient pu être identifiées et rectifiées grâce à des réunions, des mesures visant à éradiquer la violence, une révision du programme éducatif et une plus grande rigueur dans l’enseignement.</p>
<p>La Côte d’Ivoire a été secouée par des mois d’affrontements entre les forces restées fidèles à l’ex-président Laurent Gbagbo et celles de son opposant, Alassane Ouattara, lorsque M. Gbagbo a refusé de reconnaître sa défaite électorale après les élections présidentielles de novembre 2010.</p>
<p>Pendant le mandat de M. Gbagbo, le syndicat des étudiants de l’université principale était considéré par certains comme la branche armée du parti au pouvoir, une accusation rejetée par le syndicat. Pourtant, au plus fort des violences électorales de 2010-2011, plusieurs étudiants syndiqués étaient suspectés d’être armés et d’avoir extorqué de l’argent aux étudiants pour financer des activités syndicales. Ils ont déclaré porter des armes comme moyen de défense, mais des témoins ont confié à des organisations de défense des droits qu’elles servaient à menacer les gens.</p>
<p>M. Gbagbo a été arrêté en avril 2011 et le gouvernement de M. Ouattara a ordonné la fermeture de toutes les universités publiques afin de les réorganiser pour un nouveau départ.</p>
<p>« Lorsque le gouvernement a décidé de fermer les universités, nous avons pensé que ce n’était pas une bonne idée, et surtout que cela allait poser plus de problèmes », a déclaré René Hokou Légré, président de la Ligue ivoirienne des droits de l’homme. « Les conséquences de la fermeture se ressentent maintenant. Il est impossible de rattraper immédiatement ces années stériles. Cela prendra des générations. En même temps, il y a de nombreux problèmes, comme celui de savoir comment les universités, qui vont être submergées, vont faire pour accueillir les étudiants ».</p>
<p>Edmée Abbouattier-Mansilla, directrice de cabinet du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, a affirmé que des mesures avaient été prises pour faire face à l’afflux d’étudiants lors de la réouverture des universités. « Les universités fonctionnaient mal depuis environ 15 ans. Ces problèmes ont empiré avec la situation sociopolitique de 2011 », a dit Mme Abbouattier-Mansilla. « Nous avons donc introduit des réformes pour restructurer le système universitaire afin que les universités deviennent des établissements d’excellence. Toutes les mesures ont été prises pour accueillir les étudiants le jour de l’ouverture ».</p>
<p>En juillet, le gouvernement a supprimé une aide qui permettait aux étudiants de recommencer une année d’études plusieurs fois sans avoir à partir, même en cas d’échec. Cette modification a touché 1 856 étudiants qui avaient refait trois fois leur année ou qui fréquentaient l’université depuis plus de sept ans.</p>
<p>Les frais d’inscription pour les étudiants de première année sont passés de 6 000 francs CFA (12 dollars) à 100 000 francs CFA (environ 200 dollars). Cependant, redoutant des réactions de colère, les autorités ont réduit les frais de 60 dollars, mais cela reste une augmentation considérable.</p>
<p><strong>Manque de motivation<br />
</strong></p>
<p>Après deux ans de perturbations, beaucoup d’étudiants ont perdu leur enthousiasme. L’engorgement attendu a tempéré l’optimisme, et reprendre les études après une pause aussi longue sera un processus lent et laborieux. Massiami Kamagaté, 23 ans, a passé le baccalauréat en 2009 et attend depuis de pouvoir entrer à l’université. « C’est démoralisant et frustrant », a-t-elle dit.</p>
<p>Martial Assamoi, 28 ans, inscrit en Master de criminologie, a fui l’Université de Port-Bouët à Abidjan lors des violences électorales. Il a travaillé dans un cybercafé pour subvenir à ses besoins et vit en ville chez ses parents.</p>
<p>« Je dois retrouver mes notes et mes manuels, me rappeler où j’en suis et recommencer mes études », a-t-il dit. « J’ai perdu deux années universitaires et j’ai deux ans de plus. Je ne suis plus vraiment motivé, surtout parce que le gouvernement n’a rien fait pour nous aider à rattraper le temps perdu ».</p>
<p>Le conseiller d’éducation Sébastien Kouamé a déclaré à IRIN : « Le pire c’est que nous avions déjà un niveau éducatif faible. Ces années stériles ont aggravé la situation, car beaucoup étaient désœuvrés la plupart du temps ».</p>
<p>Lors d’une réunion à Abidjan en 2009, des spécialistes de l’enseignement internationaux et de Côte d’Ivoire ont souligné que, malgré un financement de l’État important – près de quatre pour cent du budget – le niveau éducatif en Côte d’Ivoire restait bas comparé à d’autres pays d’Afrique de l’ouest en raison d’un faible taux de fréquentation, d’un grand nombre d’abandons et d’un enseignement de mauvaise qualité.</p>
<p>Les universités font également face à une pénurie de professeurs puisque ceux qui étaient perçus comme des partisans de M. Gbagbo se sont exilés ou ont été arrêtés. « Pendant deux ans, les professeurs ont été payés à ne rien faire. C’est une perte d’investissement du gouvernement », a déclaré M. Kouamé.</p>
<p>« Le gouvernement devra néanmoins dialoguer avec les enseignants qui n’hésiteront pas à aborder des points délicats, comme la libération de leurs collègues détenus, avant de reprendre le travail ».</p>
<p><strong>IRIN News<br />
www.irinnews.org</strong></p>
<p>aa/ob/he</p>
<p>Theme (s): Education, Paix et sécurité,</p>
<p>[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies] </p>
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